\"T'inquiète je gère\"

\"T'inquiète je gère\"

Qui n’a jamais dit,
ou entendu en réponse :

« T’inquiète, je gère »

avec ce sourire qui se veut rassurant,

alors que le conseil donné était plutôt :
« fais attention à toi »,
« prends soin de toi »,
« ménage - toi quand même ».

On l’a tous déjà dit.
Tous.


Si tu savais le nombre incalculable de fois où je l’ai dit.
Et le pire ?
Je le pensais dur comme fer.


Sauf que cette réponse est rarement honnête.

C’est :

  • une réponse mentale

  • ce qu’on se dit pour tenir quand, à l’intérieur, ça ne tient plus

  • ce qu’on dit aux autres pour ne pas les inquiéter

  • une façade, pour faire bonne figure

Parce que si tu prends le temps d’écouter ton vrai discours
— celui que tu tiens avec les rares personnes en qui tu as vraiment confiance
— celui que tu te dis intérieurement, sans filtre

il ressemble beaucoup plus à ça :

« J’en ai marre »
« J’en peux plus »
« Ça me gonfle / ça me gave / ça me fait chier »
« Si je m’écoutais… »

Et là, tu sais très bien ce que tu voudrais faire.
Tu sais très bien ce que tu voudrais changer.

Mais très vite, le mental revient en force parce qu'il n'aime pas le changement.
Alors il sort toutes les excuses possibles pour justifier de ne pas t’écouter :

  • « Ce n’est pas le bon moment »

  • « Pour ça, il faudrait que… »

  • « Ma femme / mon conjoint / ma famille ne comprendraient pas »

  • « Je vais passer pour quoi ? »

  • « Qu’est-ce qu’on va penser de moi ? »


Résultat tu fais l’autruche.
Tu ne t’écoutes pas.
Tu continues.
Tu repousses sans cesse tes limites.

Ton corps, lui, t’envoie pourtant des alertes.
Mais tu continues quand même.
Coûte que coûte.

Sauf que le coût, justement, c’est :

  • ta santé

  • ton énergie

  • ton équilibre

Le corps commence à somatiser.
Et si tu continues encore, ce sont le burn-out, la dépression.

Et crois - moi :
pas la version light,
celle qui passe en mangeant du chocolat à la cuillère devant une série.

Non.


La version qui te fait remettre toute ta vie en question.

Pour l’avoir vécue, je peux te dire que ce n’est pas une partie de rigolade.
Parce que tu te retrouves face à une version de toi que tu dois apprivoiser.
Une version qui sait une chose très claire :

👉 elle ne veut plus jamais être celle qui dit
« t’inquiète, je gère ».

Alors la prochaine fois que tu seras sur le point de prononcer cette phrase,
prends juste un instant pour entendre ce qui suit derrière :

« Si je m’écoutais… »

Et souviens - toi d’une chose essentielle :
tout ce qui vient en contradiction avec ce « si je m’écoutais »
n’est souvent rien d’autre que
des stratagèmes du mental
pour t’empêcher de t’écouter.

Et si c’est quelqu’un d’autre qui te répond « t’inquiète, je gère »,
tu peux simplement lui dire :

« Ok.
Mais si tu t’écoutais,
qu’est-ce que tu ferais ? »

Même si cette personne ne te répond pas,
tu auras semé un début de questionnement.

Et toi,
tu lui auras montré que tu as vu
au-delà du masque.